La maladroite-Alexandre Seurat

rating-5-star

seurat-la-maladroite

Titre : La maladroite

Auteur : Alexandre Seurat

Éditeur : Rouergue

Collection : La Brune

Date de parution : Août 2015

Nombre de pages : 121 pages

Prix : 13,80 €

Les dessins de Diana étaient à son image, cabossés, déformés, bizarres, pathétiques, ils me prenaient au cœur.

Dans ce premier roman d’Alexandre Seurat, nous découvrons le destin tragique de Diana, une petite fille de 8 ans, maltraitée par ses parents.

J’ai découvert ce livre dans la librairie de ma ville, par hasard, et j’ai tout de suite voulu le lire. Peut-être est-ce la couverture ou bien ce titre énigmatique (qui prend tout son sens au fur et à mesure que l’on tourne les pages).  Je l’ai pris et je ne l’ai pas lâché. C’est le deuxième livre que je lis dans cette collection (l’autre étant La chaise numéro 14 de Fabienne Juhel), et je dois avouer que cela a été deux très bonnes lectures. Une collection à suivre.

Diana n’a quasiment pas la parole. Son calvaire nous est raconté par les personnes qui l’ont côtoyé. Un roman choral dans lequel vont prendre successivement la parole des membres de sa famille (son frère, sa grand-mère, sa tante…) mais également le personnel des écoles, les gendarmes, médecins et assistantes sociales. A aucun moment les parents ne vont prendre la parole.

Ce livre est d’une justesse incroyable, à aucun moment il n’y a de mots crus, ni de scènes de violence, mais on ressent cette violence à chaque mot, à chaque description des blessures de l’enfant.

Plus nous tournons les pages, plus notre sentiment de culpabilité, mais également d’impuissance, s’accroît. On ressent l’envie (le besoin) d’aider cette petite fille, de la sauver. Le malaise se mélange à tous ces sentiments puisque l’on connait la fin dramatique de cette histoire. Puisque Alexandre Seurat s’est inspiré d’un fais divers pour écrire son livre. Il nous raconte l’histoire de Marina Sabatier, décédée en 2009 des maltraitances et sévices répétés de ses parents.

Quand j’ai vu l’avis de recherche, j’ai su qu’il était trop tard. Ce visage gonflé, je l’aurais reconnu même sans son nom -ces yeux plissés, et ce sourire étrange- visage fatigué, qui essayait de dire que tout va bien, quand il allait de soi que tout n’allait pas bien, visage me regardant sans animosité, mais sans espoir, retranché dans un lieu inaccessible, un regard qui disait, tu ne pourras rien, et ce jour-là j’ai su que je n’avais rien pu.

Alexandre Seurat ne se contente pas de raconter un drame, il témoigne surtout de l’échec à protéger un enfant. Il ne pointe pas du doigt une famille mais le système administratif qui n’est malheureusement pas assez rapide face à de telles maltraitances.

Ce roman ne ressemble pas à tous ces livres que l’on peut voir, un peu voyeuristes, qui racontent ce que des enfants ont pu vivre comme maltraitances. Je suis d’accord sur le fait qu’il est important d’en parler mais il y a l’art et la manière de le faire, à mon sens. Personnellement, j’ai trouvé qu’Alexandre Seurat a su ne pas tomber dans le voyeurisme. Pour autant, il ne nous épargne pas, peut-être, dans le but de nous impliquer au regard de ce que cette petite fille a subit. Si cette situation venait à se présenter dans notre vie, serions-nous à même d’aider cet enfant ?

Un premier roman coup de poing, qui, je pense, ne laissera personne indifférent..

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s