Titre : Camille, mon envolée

Auteur : Sophie Daull

Éditeur : Philippe Rey

Date de parution : Août 2015

Nombre de pages : 192 pages

Prix : 16 €

Résumé : Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire. Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent… Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.

Le niveau baissera-t-il un jour ? Et si oui, quel sera l’état des ruines après ton glissement de terrain ? Zone non constructible. Mon enfant morte, ma si belle chérie, ne laisse rien, surtout, repousser sur ton Pompéi. On est bien dans tes cendres.

 

En ce moment, dans la bibliothèque où je travaille, nous organisons le prix du meilleur Premier Roman de la Rentrée Littéraire 2015. Nous avons un club de lecture au sein de la bibliothèque et les lecteurs de ce club sont les pré-sélecteurs pour ce prix. Comme vous l’aurez compris, Camille, mon envolée fait partie de cette sélection. (d’ailleurs je ne l’ai pas précisé dans ma chronique mais La maladroite d’Alexandre Seurat en fait également parti)

Sophie Daull nous raconte sous forme de journal adressé à sa fille les 4 jours qui ont précédés la mort de celle-ci, 4 jours de fièvre, d’inquiétude, de refus des médecins de voir que cela nécessite un traitement plus important que du simple Doliprane. Mais surtout 4 jours d’immense courage de la part de cette adolescente de 16 ans qui se meurt sans se plaindre. Elle nous raconte également les jours, les semaines après la mort de sa fille unique,  les mois douloureux, les dates d’anniversaire qui se succèdent, la difficulté de voir défiler le quotidien sans Camille.  

Son désir de coucher sur papier les détails est puissant et tellement courageux. De nous raconter les souvenirs afin de ne pas oublier et que Camille vive, une dernière fois et pour toujours, à travers les mots.

Je voudrais te dire deux, trois minuscules choses qui te mettent au présent, qui mettent ta mort au présent, puisque ce souvenir durera toujours, qu’il faut que tu dures toujours.

On se dit qu’en le lisant, ce livre va être déprimant, mais détrompez-vous, il est lumineux, un cri d’espoir ! Mais surtout un cri d’amour déchirant d’une mère qui nous met face à notre condition de mortel.

Je trouve qu’il est extrêmement difficile de faire une chronique sur un témoignage et d’y avoir un regard objectif, surtout sur un témoignage qui traite de la perte d’un enfant. On se laisse tout bonnement inondé par ce flot d’émotions. Un livre sur le deuil rempli de tendresse et d’humour, sans pathos.

 

 

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