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Titre : Les échoués

Auteur : Pascal Manoukian

Éditeur : Don Quichotte

Date de parution : Août 2015

Nombre de pages : 304 pages

Prix : 18,90€

Résumé : 1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d’assaut les routes qu’ils sont en train d’ouvrir.
Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs.

Des bouts de paradis à l’eau turquoise et au sable fin, où chaque été des Blancs venaient s’allonger sur des serviettes de bain en rêvant de devenir un peu plus noirs. Et où des milliers d’Africains allaient bientôt s’échouer, le ventre gonflé d’eau en rêvant, eux, de devenir un peu plus blancs.

Encore un premier roman, mais quel premier roman ! Un livre qui me laisse sans voix. Mais je veux (je dois) trouver les mots pour vous dire à quel point il est nécessaire que vous le lisiez et à quel point il FAUDRAIT que tout le monde le lise.

Nous plongeons au cœur de l’immigration en France qui, en lisant, peut nous paraître tout à fait moderne mais ce qui est tout à fait troublant c’est que cela se passe en 1992. Dans le contexte actuel, où le drame des migrants est le sujet favori de nos médias, l’auteur a décidé d’écrire sur l’immigration de la fin du XXème siècle.

Ce livre nous raconte l’histoire de Virgil, le Moldave qui fuit son pays tombé dans la misère suite au communisme, abandonnant sa femme et ses enfants afin de pouvoir trouver assez d’argent pour les faire venir en France. Chanchal, le Bangladais sur qui repose tous les espoirs d’une famille. Et Assan, le Somalien, dont la femme et deux de ses filles n’ont pas survécues à l’extrémisme religieux, et qui essaye par tous les moyens d’épargner à sa dernière fille, Iman, toute cette violence. Tous ont fui leur pays pour une merveilleuse chose impossible chez eux : Survivre !

Etre clandestin dans « le pays des droits de l’homme » c’est ne pas exister, vous n’êtes rien, vous êtes des hors la loi, des étrangers sans aucune protection. Virgil, Chanchal et Assan se croisent et naturellement vont s’entraider, se soutenir afin d’avancer ensemble.

Comment témoigner de ces neuf mois de route, de ces blessures à jamais ouvertes, des humiliations, de ce monde empreint de lâcheté, de violence,du manque d’humanité, de cette négation de la vie…

Un roman peut-il faire changer les choses ? Oui, je le crois vraiment et ce roman est un de ceux-là. Il est dur, pas forcément optimiste mais il est incroyablement juste ! C’est un roman qui, je l’espère, sera lu par le plus de gens et qui, je l’espère également, pourra faire changer la situation dans laquelle nous sommes, ne serait-ce qu’un peu. Ne l’oubliez jamais : ce sont des êtres humains et ils DOIVENT être traités en tant que tel. Si c’était notre pays qui était en guerre, ne voudrions-nous pas qu’un autre pays nous accueille les bras ouverts ?

On ne peut demander aux assoiffés de vivre près d’une source sans venir s’y désaltérer. Même en l’entourant d’un mur de barbelés, la soif est trop forte.

 

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